Richard - 24/06/1983 – 00h22
Je l’ai échappé belle ! Encore un peu et c’en était fini de la fête. C’est de ma faute, je n’aurais jamais du le laisser seul. Mais nom de Dieu, si on ne peut même plus avoir confiance en ses amis, où va-t-on ? Je ne lui demandais pas grand-chose, juste de ne pas bouger de là et d’attendre mon retour. Evidemment, il a fallu qu’il aille se promener dans la rue sans se soucier de ce qu’allait penser les voisins. En plus, ces enfoirés appellent la Police. Mais merde alors, si on ne peut plus s’amuser entre copains. Enfin, j’ai réussi à calmer l’affaire et tout est rentré dans l’ordre. Rien de bien grave au bout du compte, juste une grosse frayeur. Il n’aurait quand même pas du sortir dans la rue nu comme un vers et complètement saoul. On s’est quand même pris un sacré fou rire.
Richard – 23/06/1983 - 22h02
Nous venons de rentrer à la maison. Il a l’air en forme, ça fait plaisir à voir. Je lui ai préparé une surprise pour son anniversaire. C’était il y a deux jours mais je pense que l’intention le touchera réellement. Nous avons commencé la soirée dans ce bar de la rue du bourg où j’ai mes habitudes. Nous avons déjà bu pas mal et c’est bien parti pour que la fête continue. Ce qui m’inquiète c’est qu’au début, il n’avait pas l’air enchanté de continuer la fête chez moi. Il m’a suffi d’insister un peu pour qu’il craque. Je sais qu’il en avait envie mais qu’il ne voulait pas le montrer. Les amis ça sert à ça, faire plaisir à ceux qu’on aime !
Alex – 22h03
On vient d’arriver chez Richard. Il est vraiment sympa. Je pense que je lui plais et il n’a pas l’air d’avoir remarqué que j’ai passé la soirée à regarder une petite brune assise au bar. Mais bon, je ne pense pas qu’il osera tenter quoi que ce soi.
En tout cas, on en tient une fameuse tous les deux. Ca faisait longtemps que je n’avais plus fêté un anniversaire de cette manière. Vingt-cinq ans, ça se fête non ?
A l’intérieur de la maison, je sens une drôle d’odeur, difficilement masquée par un désodorisant pour chiotte probablement bon marché. Après quelques minute je n’y fais même plus attention, l’odeur de joint à probablement du la couvrir définitivement.
Nous sommes face à face et nous discutons de nos célibats respectifs avec une légère pointe d’amertume pour ma part. Richard essaie de me rassurer. Il pense qu’à mon âge, j’ai encore le temps de tomber sur la bonne personne. Je bois un whisky coca. Richard boit un gin tonic. Je n’aurais pas du fumer après autant d’alcool, ma tête commence tout doucement à tourner. Putain, je suis complètement bourré en fait ! Ca ne va pas, je me sens partir.
Alex – 18h00
Ce soir je vais boire un verre avec des amis à la rue du bourg. Je n’ai rien fait pour mes vingt cinq ans il y a deux jours, je dois me rattraper. Nous serons six normalement. Je vais me préparer pour ne pas être en retard. Je dois les rejoindre dans une demi heure. Pas de temps à perdre.
Richard – 22h15
Ca y est, ça commence à faire de l’effet. Je suis sur qu’il aime. Il a toujours adoré les nouvelles expériences. Pour ses vingt cinq ans, je pouvais bien faire ça. Je ne voulais pas lui dire, c’était la surprise. Je l’avais quand même mis sur la piste en lui donnant « un whisky du chef ». Le début est parfois un peu rude mais après ça fini toujours par aller mieux. Il me regarde fixement de ses grands yeux bruns. Il a compris et me remercie de mon cadeau par un merveilleux sourire. Quelle joie de lui faire plaisir à ce point.
Alex – 19h30
Après une heure d’attente, Richard s’assoit à ma table. Il est de bonne humeur et me souhaite bon anniversaire. Je lui explique que j’ai bien cru que j’allais passer la soirée seul. Nous commandons une cruche de bière pour nous deux. Il faut fêter ça de quelque manière que ce soit. J’ai soif, lui aussi, profitons en pour nous bourrer la gueule. De toutes façon, je n’ai pas le choix, tout le monde a annulé pour ce soir, il ne reste plus que lui. Ca fait vraiment chier que mes amis n’aient pas su venir. Mais bon, même si je connais Richard depuis trois minutes, je pense que je vais passer une bonne soirée.
Louise – 23h59
« Nom d’une pipe, qu’est ce que c’est que ce boucan dans la rue ? » se demande Louise surprise dans son sommeil par une sirène de police. Elle enfile un peignoir, attrape sa canne et se jette à la fenêtre pour voir ce qu’il se passe. Un gyrophare clignote et éclaire une partie de la rue. Tout est bleu par intermittence et la lumière l’aveugle légèrement. Elle distingue une jeune homme, complètement nu, soutenu par deux policiers. Il ne porte qu’une casquette sur la tête et n’a pas l’air de savoir où il se trouve. « Probablement un drogué », se dit-elle. Elle allait aller se recoucher lorsque tout d’un coup, elle vit, sortant de nulle part, le voisin d’en face arriver en courant vers les policiers. Il leur parla quelques longues minutes et réussi apparemment à les convaincre de le laisser ramener le jeune homme chez lui. Elle pousse un long soupir en secouant sa tête de gauche à droite, se disant que ce brave Richard avait bien du courage de s’occuper de tous ces jeunes désoeuvrés.
Richard – 24/06/1983 – 00h30
Bon, reprenons où nous nous étions arrêté avant que notre jeune ami ne se paie une petite balade. Heureusement que je lui avais mis une casquette avant de descendre à la cave sinon c’était cuit. Les flics n’ont pas vraiment insisté pour rentrer dans la maison. Tant mieux. Je vais pouvoir me re-déshabiller. Alex s’est assis sur une chaise dans le garage comme je lui ai demandé. Nous allons pouvoir continuer notre petit jeu.
Cette fois, je l’attache à la chaise. Il aime ça, je le vois bien. Je remets la bâche en plastique là où elle se trouvait. Je ramasserais ses cheveux après, ce sera plus facile quand on aura fini, il pourra me donner un coup de main.
Mon érection refait surface, c’est le bon moment. Je lui enlève sa casquette pour en finir et remet la machine au bon endroit, là où je m’étais arrêté. J’appuie sur le bouton. Je ne pensais pas qu’une mèche aussi fine réussirait à forer si facilement son crâne. Le voilà que reprend tout doucement connaissance. Ce doit être les vibrations de la machine. J’ai bien fait de prévoir de le bâillonner au cas où il changerait d’avis. Je sais bien qu’il en meure d’envie et l’alcool pourrait le faire changer d’avis.
Voilà, le trou est presque fini, je vais pouvoir procéder à la transformation. Il sera le premier de mes soldats, comme il le voulait tout à l’heure. J’ai été chercher l’acide à la cave, je n’ai plus qu’a l’injecter dans le trou avec la seringue. Tu seras le commandant en chef de mon armée de morts vivants. Cette fois ça marchera, j’ai bien revu mes dosages.
Bon anniversaire mon garçon !
Louise – 16/07/1983
La police est venue ce matin. Je leurs ai dit que je n’avais jamais rien remarqué de bizarre. Il parait qu’on a retrouvé vingt cinq corps dans la cave de Richard. Tous avec un trou dans le crâne. Il voulait les aider et leur permettre de recommencer une autre vie. Qui aurait pu croire ça ? Il était si gentil avec tous ces jeunes !